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LEMONDE.FR avec AFP | 30.10.06 | 13h38 • Mis à jour le 30.10.06 | 16h53
Le prix Femina a été attribué, lundi 30 octobre, à Nancy Huston pour Lignes de faille (Actes Sud). Nancy Huston est une canadienne anglophone, parisienne d'adoption, dont l'œuvre, forte d'une vingtaine de livres, est centrée autour de deux thèmes récurrents, la musique et l'exil. Etablie depuis plus de vingt ans à Paris, avec ses deux filles et son compagnon, Nancy Huston écrit indifféremment en anglais ou en français et compte parmi les rares auteurs à s'être imposé dans une langue autre que sa langue maternelle. Lignes de faille a ainsi été écrit en anglais, puis traduit par l'auteur elle-même. Dans son onzième roman, polyphonique, elle remonte un demi-siècle d'histoire à travers le regard de quatre enfants de 6 ans de quatre générations successives d'une même famille.
Le prix Médicis a également été remis lundi. Il est allé à Sorj Chalandon pour Une promesse (Grasset). Histoire d'une promesse, tenue par sept amis, pour déjouer l'oubli, ce roman est, après Le Petit Bonzi (Grasset), le deuxième livre de Sorj Chalandon. Journaliste à Libération depuis 1975, il a couvert la guerre du Liban, le Tchad, le drame de Bhopal (Inde), la Somalie, l'Afghanistan, la guerre Iran-Irak ou la guerre du Golfe. Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert Londres en 1988.
LEMONDE.FR | 26.10.06 | 17h36 • Mis à jour le 26.10.06 | 17h58
Le Grand Prix du roman de l'Académie française a été attribué, jeudi 26 octobre, au romancier américain Jonathan Littell pour son ouvrage en langue française Les Bienveillantes (Gallimard). Ce choix devance les velléités de couronner l'ouvrage des autres jurys de la rentrée littéraire qui – fait exceptionnel – l'avaient tous retenus sur leur présélection des prix Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis et Interallié.
Les Bienveillantes a devancé Marilyn, dernières séances, de Michel Schneider (Grasset), et Ce qui est perdu, de Vincent Delecroix (Gallimard), qui ont chacun obtenu quatre voix.
Le succès commercial de ce roman de plus de 900 pages, déjà distribué à plus de deux cent mille exemplaires, a trouvé un large écho dans la polémique entourant son thème : un récit de la seconde guerre mondiale, sous la forme du témoignage d'un officier de la Waffen SS, membre de l' Einsatzgruppen qui se consacre à la mise en œuvre "industrielle" de l'élimination des juifs, des Tziganes, des opposants au Reich...
La froideur transparente de l'écriture, le ton clinique où toute commisération est bannie ont au moins autant étonné la critique que la personnalité de son auteur : un Américain ayant grandi en France, qui a consacré l'essentiel de sa vie d'adulte à une activité humanitaire au sein d'ONG.
Jonathan Littell, fils de Robert Littell, auteur reconnu de romans d'espionnage, vit désormais à Barcelone, en Espagne. Il a maintenu une attitude réservée à l'endroit de la promotion de son ouvrage, refusant notamment toute apparition à la télévision. Ce choix n'a fait qu'attiser, dans les dernières semaines, de nombreuses rumeurs lui attribuant tout à la fois un succès dû à une opération réussie de marketing et la remise initiale d'un manuscrit truffé d'anglicismes qui aurait fait l'objet d'une importante réécriture.
Cette polémique risque désormais de s'étendre aux jurys des prix littéraires à venir, qui ne manqueront pas de relever que leurs confrères de l'Académie française se sont arrogés sans peine le droit d'affirmer que leurs lauréats connaissent le succès commercial.
Revue de presse
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