Ex diligentia lectionis nascitur scientia Dei.
Ignoriantia autem neglegentiæ filia est. 1
La revue Futuribles (numéro 285, avril 2003) a publié une étude selon
laquelle les Francais contemporains consacrent aujourd'hui en moyenne
entre une et deux minutes par jour à la religion contre près de deux
heures à la télévision.
A la lecture de ces tristes chiffres, une conclusion s'impose. Dieu est devenu
facultatif dans notre société moderne et soi-disant civilisée. Néammoins, la
Providence essaye constamment de remettre sur les rails les âmes égarées.
Salanson, Foé ou Bianchetti, ces trois noms ne vous disent peut-être rien. Et
pourtant, ils étaient tous les trois sportifs de haut niveau, âgés de 23 à 35
ans et sont morts subitement de facon "inexpliquée" en juin 2003. Et si cela
devait nous aussi nous arriver... Que se passe-t-il donc après la mort ? Le
néant,, le paradis, l'enfer,... La notion de Dieu devient alors primordiale dans
cette amorce de réflexion.
Rappelons-nous de ce que disait Pascal, mathématicien et philosophe : "
Vous avez tout à gagner et rien à perdre à croire en Dieu, car si vous gagnez
(si Dieu est) vous gagnez tout. Si vous perdez (si Dieu n'est pas) vous ne
perdez rien ?"
Ce présent document, inspiré du livre du R.P. Vinson "Dieu est-il facultatif?" s'attachera à répondre à trois grandes questions :
NB : Ce qui suit ne prétend pas donner une réponse complète aux questions posées.
A travers les trois grandes questions posées précédemment se pose le concept de
vérité. Par exemple, si les concepts de l'Eglise catholique sont vrais alors je
dois être et rester chrétien.
Une définition rigoureuse de la vérité s'impose. La vérité est la conformité de
la pensée, de l'intelligence avec la réalité. Cette conformité existe mais elle
ne dépend pas de moi, de mon esprit. Elle est objective et non subjective.
La vérité est à ne pas confondre avec la sincérité. Quelqu'un peut-être sincère
mais en même temps être dans l'erreur. La vérité n'est pas la sincérité. La
sincérité est une qualité de l'esprit. La vérité est l'accord de la pensée et de
la réalité.
Comment alors savoir si ce que je pense et affirme est conforme à la réalité ?
Par deux moyens. Le premier est l'évidence. Elle peut être immédiate, directe
(on voit ce qui se passe, devant ses yeux) ou médiate (on "voit" dans son esprit
par le moyen d'un raisonnement). L'évidence est donc le premier moyen pour
connaître la réalité. Le second est le témoignage. L'apologétique utilise ce
moyen, par exemple, quand elle étudie la valeur du témoignage donné par
Jésus-Christ lui-même et par les Evangélistes.
Ceux qui nient les vérités théologiques sont appelés agnostiques. Selon eux,
l'intelligence humaine est bien capable d'atteindre la réalité et par conséquent
de connaître la vérité mais seulement quand cette réalité peut être connue par
les sens (vue, odorat, ...) et par des appareils qui augmentent la puissance des
sens. Selon eux, l'esprit humain ne pourrait donc rien savoir avec certitude
au-delà de ce que les sciences peuvent voir, classer, expérimenter au-delà de ce
qui est sensible. Il y aurait donc une vérité mathématique, scientifique et
historique mais pas de vérité philosophique. Or une telle théorie est contraire
au bon sens. Tous, nous avons bien conscience de connaître non seulement
l'existence des choses et leurs qualités sensibles, mais de connaître aussi, bien
qu'imparfaitement, ce qu'elles sont en elles-mêmes, du moins en de nombreux cas.
Or si beaucoup rejettent les vérités religieuses, c'est que celles-ci sont plus
abstraites, plus complexes que les vérités scientifiques, et que beaucoup n'ont
pas le temps ou ne prennent pas le temps de les étudier. Beaucoup, qui se
proclament incroyants, ne sont souvent que des ignorants.
Il ne peut y avoir qu'une vérité philosophique parce que telle affirmation est
conforme à la réalité - ou n'est pas conforme à la réalité. Si elle est conforme,
elle est vraie. Si elle n'est pas conforme, elle n'est pas vraie, elle est
fausse.
Cependant en philosophie, l'esprit n'arrivera pas toujours à connaître la
réalité. Il sera dans le doute, aura une opinion plus ou moins probable.
N'oublions pas non plus que quelqu'un peut se tromper, être dans l'erreur de
bonne foi, sans le savoir, croyant détenir la vérité. Mais son erreur ne sera pas
"sa vérité"... car la vérité est une. Il pourra être sincère mais sa sincérité ne
rendra pas vrai ce qu'il affirme. La conclusion qui s'impose, c'est que la
religion n'est pas une affaire de sentiment, de bon plaisir ou de libre choix (
comme l'affirment à la fois les catholiques modernistes et les protestants). La
religion est une question de vérité.
Si Dieu existe, l'homme doit bien en tenir compte. Les preuves de l'existence de Dieu peuvent être classifiées dans deux grandes catégories :
DÉFINITION : contingent, ce dit de ce qui pourrait ne pas exister.
Nécessaire est un antonyme de contingent.
Utilisons le raisonnement par syllogisme (raisonnement qui comporte deux affirmation ou deux négations qui une fois admises obligent à accepter la conclusion) pour en tirer une première conclusion hâtive :
Un fait : L'univers existe et c'est un être contingent.
Un principe : Or tout être contingent a une cause.
Conclusion : Donc l'univers a une cause. Cette cause, on l'appelle
Dieu.
Tous les êtres qui nous entourent et nous-mêmes, nous pourrions ne pas exister.
La nature d'un sapin est d'être un arbre. Et d'être un arbre de telle espèce.
Mais la nature de cet arbre n'est pas une explication de leur existence. Nous
voyons donc bien que l'univers aurait très bien pu ne pas exister. Si il existe,
c'est qu'il a une cause.
" Il n'y a pas d'effets sans cause." Cela s'applique-t-il seulement au
domaine de la pensée ? Peut-être qu'en dehors de mon esprit, des choses arrivent
sans avoir une cause ?
Les principes premiers ne se prouvent pas. Ils sont en effet évidents
par eux-mêmes, et notre intelligence les percoit directement, même si elle n'est
pas capable chez tous les hommes de les formuler correctement. Les nier aboutit
à des conséquences insensées et ridicules. S'il était possible qu'une chose
puisse ne pas avoir de cause, toutes les sciences disparaîtraient.
Les sciences disparaîtraient et la vie deviendrait impossible. Si je mange un
morceau de pain, c'est que je pense que le boulanger n'y a pas introduit de
poison. Mais si quelque chose peut exister sans cause... qui pourra m'assurer
qu'un poison n'est pas venu se mettre tout seul dans le pain que je mange ?
Imaginons qu'en plein désert, vous trouviez un boulon. Pas une seconde, vous
n'imagineriez que ce boulon est venu là tout seul. En l'observant, vous
trouverez peut-être qu'il a été fabriqué en France. Et s'il est là, c'est que
soit quelqu'un est déjà passé par là, soit qu'il est tombé d'un avion,... Vous
accepterez plus facilement une explication fantaisiste que cette affirmation :
"Il s'est fait tout seul... Il est venu tout seul." Ce qui est inacceptable pour
ce boulon, serait-il acceptable pour l'univers tout entier ?
De là, en découle que l'univers - comme tout être contingent - a donc une cause,
quelque chose qui explique son existence. Cette cause, nous l'appelons Dieu.
Parce que dans l'univers, il y a de l'ordre, il faut une intelligence qui ait
mis cet ordre.
C'est un fait qu'il y a de l'ordre dans l'univers. Or c'est un principe que
l'ordre exige une intelligence pour mettre cet ordre. Donc il existe une
intelligence ordonnatrice de ce monde. Et nous l'appelons Dieu.
Cependant, il existe également du désordre : les volcans, les cyclones,...
Causant des dommages aux hommes, ces catastrophes naturelles nous paraîssent
être du désordre. Or elles se produisent en réalité par une succession d'agents
naturels selon les lois établies par Dieu. Dans l'univers, il se trouvera
forcément des imperfections, tout simplement parce que l'univers est une
créature. Seul Dieu est parfait.2
Cependant, il est évident que dans l'univers, il y a de l'ordre. Personne n'a
jamais vu une baleine mettre bas à des dauphins, une graine de blé donner une
carotte....
L'ordre de l'univers ne pourrait-il pas être néammoins le fait du hasard ? Victor Hugo avait ce bon mot en ce qui concernait le hasard : "Le hasard est un plat préparé par des escrocs pour des sots qui le mangent! ". Le hasard n'est qu'un mot, ce n'est pas une réalité qui existe vraiment. Faites une expérience : Laissez votre lit défait (comme tous les matins ...). Peut-être qu'un jour, vous le retrouverez avec des draps propres. Par hasard ! Laissez votre vieille tondeuse à gazon dont le moteur est cassé dans un coin de votre garage. Peut-être qu'un jour le hasard la fera refonctionner ! Et ce hasard qui est incapable de mettre de l'ordre dans des choses si simples, comment aurait-il pu ordonner les milliards d'étoiles, d'insectes, de plantes ...? Qui le croira ?
Il y a des faits qui se passent et qui sont naturellement inexplicables; par exemple, la résurrection d'un mort. Les hommes ne connaissent pas encore toutes les forces de la nature; on ne sait pas encore tout ce qu'elle peut faire. Mais on sait avec certitude ce qu'elle ne peut pas faire. Un geste ou une parole ne suffiront jamais à redonner la vie à un cadavre.
Nous venons de démontrer que Dieu existe... Il existe aussi bien pour les êtres
inanimés que pour les plantes, les animaux, que pour les hommes car Il est le
créateur de toutes choses. Cependant, seul l'homme se pose la question de
l'existence de Dieu car il est le seul à avoir un esprit, une âme.
Tout comme l'existence de Dieu, c'est le principe de causalité ou de raison
suffisante qui va nous servir à prouver l'existence de l'âme. L'homme a un
corps; il mange, il boit, il a des activités corporelles, matérielles. Mais il a
également des activités spirituelles : il pense, choisit, décide... Ces
activités ont une cause spirituelle, appelée âme en religion ou esprit en
psychologie.
Toutefois, l'homme ne serait-il pas simplement un animal plus perfectionné que
les autres ? Certes en ce qui concerne la connaissance sensible, l'homme et
l'animal sont sur le même plan. Mais il y réside entre eux différence de degrés.
Chez l'homme, toutes les activités qu'il produit ne sont pas explicables par les
sens et les pouvoirs de son corps contrairement à l'animal. L'homme a des idées,
l'animal n'en a pas. L'homme raisonne, l'animal ne raisonne pas. L animal
peut-il se représenter ce qu'est la justice, la beauté, la bonté ? Non, car ces
choses, ces idées, n'ont aucune caractéristique de la matière et ne sont donc
pas matérielles. Et si l'homme est capable, contrairement a l'animal, d'avoir en
lui, ces effets, ces activités non matérielles, c'est qu'il y a en lui, un
élément, une partie de lui-même qui n'est pas matérielle. Or ce qui est
immatériel est appelé esprit en francais.
Certains seront amenés à dire que chez l'animal, il y a également une
intelligence. Prenons le cas des abeilles qui construisent des ruches de facon
admirable. Mais ont-elles progressé depuis 2000 ans dans la construction de leurs
ruches ? Il faut ici ne pas confondre l'instinct que leur a donné le Créateur et
l'intelligence.
L'homme (nous considérons ici un sujet saint d'esprit et de corps) est donc
supérieur aux animaux en ceci qu'il est un animal raisonnable, doté d'une âme et
ne cédant pas aux pulsions comme le sont soumis les animaux.
L'importance d'admettre que l'homme possède une âme spirituelle est de deux ordres :
La volonté de l'homme est dite libre parce qu'elle a, en elle-même, le pouvoir
de choisir et de se déterminer. Les êtres matériels ne sont pas libres parce que
toutes leurs activités sont déterminées à l'avance par le jeu des lois dites
matérielles. Les astres ne sont pas libres de modifier leur orbite. Le grain
n'est pas libre de renoncer à germer dans une terre humide. Le chien n'est pas
libre de jeuner lorsqu'il a faim.
La volonté humaine est attirée par le bien. Et comme diverses sortes et divers degrés de bien s'offrent à elle, elle peut choisir, elle est libre. Et parce qu'elle est libre - et seulement parce qu'elle est libre -, elle peut être soumise à des obligations morales. Un animal, on le dirige, en le dressant, en le conditionnant, en lui imposant certaines habitudes... L'homme, on le gouverne par des lois. Sans liberté, pas de responsablité; sans responsabilité, pas de mérite. Et si l'homme n'est pas capable de mériter, de quel droit le récompenser ou le punir ?
L'âme est immortelle et ce pour deux raisons :
Autre argument, mais cette fois-ci historique à porter à l'immortalité de l'âme.
Depuis toujours, l'homme est le seul "animal" à enterrer ses morts, à rendre un
culte à ses morts. Tout ceci est inexplicable par le jeu des lois qui régissent
la matière. C'est la confirmation de ce que prouve le raisonnement
philosophique, à savoir que l'homme est formé d'un corps et d'une âme.
L'homme est une créature raisonnable, composée d'une âme et d'un corps.
Dieu existe. L'homme a une âme spirituelle et immortelle. De ces deux
affirmations, en découle une troisième : entre ces deux "choses", il existe
nécessairement des relations. Ces relations qui existent entre Dieu et l'homme
s'appellent la religion. L'homme doit donc avoir une religion. Mais laquelle ?
En effet, les hommes sur terre sont divisés en plusieurs religions qui souvent
se contredisent. Elles ne peuvent donc être toutes vraies. Par exemple, la
religion chrétienne affirme qu'il y a trois personnes en Dieu alors que la
musulmane dit qu'il n y a qu'une seule personne en Dieu. L'une des deux est donc
forcément dans l'erreur.
Pour connaitre la réalité de Dieu, l'homme possède son intelligence et sa
raison. Par exemple, par une simple réflexion, l'homme peut déduire que Dieu est
infiniment parfait et que donc il est nécessairement unique, immense et éternel
(les caractéristiques de Dieu, unicité, immensité,... mériteraient sûrement une
démonstration qui ne sera pas faite ici.) Notre intelligence pouvant nous faire
connaître quelque chose de la nature de Dieu, elle peut aussi nous faire
découvrir des obligations de l'homme à l'égard de Dieu.
Puisque l'homme a recu de Dieu l'existence et la vie, il a donc un devoir de reconnaissance envers Dieu. Toutes les religions, dans leur diversité et malgré leurs différences, donnent à leurs fidèles certains enseignements sur Dieu et sur les rapports de l'homme avec Dieu et leur imposent certaines obligations. Ces dernières peuvent être morales (par exemple, des règles de justice ou de charité à observer) ou cultuelles (attitude de prière, sacrifice,...).
En réfléchissant l'homme est, de soi, capable de découvrir les principales
vérités religieuses (existence de Dieu, son unité,...) et les devoirs essentiels
de l'homme a l'égard de Dieu (respect, obéissance,...). Il peut établir ainsi
une religion naturelle. En réalité, les grandes religions qui existent parmi les
hommes se prétendent révélées.
Cependant, pourquoi ne pas se contenter de la religion naturelle ? Tout
simplement parce que, si Dieu a pris la peine de donner à l'homme certains
enseignements ou de lui imposer certaines obligations, l'homme manquerait aux
devoirs de respect et d'obéissance en n'en tenant pas compte. Dieu a-t-il donc
parlé aux hommes ? Tout d'abord, qui oserait lui refuser le droit de parler aux
hommes ? Deuxièment, il est faux d'affirmer qu'une telle intervention divine est
contraire à la liberté humaine car cela reviendrait à diviniser l'homme. Or
l'homme dépend de tout son être, de toutes ses activités,... de son Créateur. Et
il n'est guère étonnant qu'étant donné l'intelligence très limitée de l'homme,
Dieu lui révèle des choses qui dépassent les limites de son intelligence. La
révélation est en elle-même moralement nécessaire à l'homme. En effet, étant
donné la faiblesse des facultés humaines, la force des passions et l'importance
des obstacles à surmonter, il aurait été difficile à l'homme de découvrir ce
qu'il devait croire et faire. C'est ce que confirme l'expérience lorsque l'on
observe les abbérations doctrinales et les désordres moraux dans lesquels vivent
les peuples qui sont sous le régime de la loi naturelle. En ce qui concerne les
vérités surnaturelles, il est clair que la Révélation divine est absolument
nécessaire. Comment l'intelligence limitée de l'homme pourrait-elle connaitre ce
qui dépasse l'ordre naturel, alors que, même dans cet ordre naturel, il y a pour
elle des mystères.
Mais alors Dieu a-t-il réellement parlé aux hommes ? C'est ce que nous allons étudier par la suite. Mais arrêtons-nous auparavant sur les trois grandes religions qui se prétendent révélées. Il y en a trois :
Comment donc savoir quelle est la vraie religion ? Tout simplement en recherchant celle qui apporte les preuves qu'elle a bien été instituée par une intervention de Dieu.
Le chrétien affirme :"Il y a un Dieu en trois personnes." Le musulman proclame qu'il n y a qu une seule personne. L'un des deux a nécessairement tort.
Si Jésus est réellement le fils de Dieu alors la religion juive est périmée et les chrétiens possèdent ainsi la vraie religion.
Intéressons-nous d'abord, à tout seigneur tout honneur, à la plus grande religion du monde, le Christianisme.
Le christianisme a été fondé par un homme appelé Jésus qui a vécu en Palestine
sous le règne de l'empereur Tibère. Si l'on peut prouver que Jésus est un envoyé
de Dieu et qu'il a parlé au nom de Dieu, il faudra bien conclure que son
enseignement est bien révélé. A plus forte raison, si on peut prouver que Jésus
est vraiment fils de Dieu, qu'il est lui-même Dieu, il faudra bien conclure que
tous ses enseignements sont de Dieu.
Nous nous servirons des Evangiles pour répondre a cette question. Précisons de suite que l'existence historique de Jésus est affirmée par des écrivains juifs (Flavius Josephe) ou païens (Suétone, Pline le Jeune,...). Mais tout d'abord, il nous faut établir la valeur des Evangiles.
Un livre est dit authentique quand il a vraiment été composé par l'auteur auquel
on l'attribue et à l'époque qu'on lui assigne. Par exemple, on attribue à
La Fontaine la fable de "la cigale et la fourmi"... et c'est vrai donc cette
fable est authentique.
Depuis vingt siècles, chrétiens et non chrétiens croient et affirment que
Matthieu, Luc, Marc et Jean sont les auteurs des quatres Evangiles. Si quelqu'un
affirme le contraire, c'est à lui de prouver que les autres se trompent.
Jusqu'ici, personne n'a pu apporter d arguments convaincants.
Dès les premiers siècles, des païens tel Porphyre ou des hérétiques tel Valentin
ne contestent nullement l'authenticité des quatre Evangiles, authenticité déjà
affirmée au 1er siècle par St Clément, St Polycarpe,... Un document incomplet
appelé Canon de Muratori datant de 170-190 attribue à St Marc et St Jean les 3ème
et 4ème Evangiles.
L'étude attentive du texte même des Evangiles nous fournit des arguments appelés
internes. Le contenu, le style, diverses particularités de chaque Evangile nous
font connaître la personnalité de chacun des évangélistes et confirme ce que
nous savons d'eux par l'Histoire.
Reste cependant à se poser la question de l'intégrité des Evangiles car nous ne
possédons malheureusement pas les originaux. Les chrétiens, pleins de foi et de
piété pour le caractère sacré des Evangiles, auraient-ils permis, sans protester,
que l'on modifie le texte sacré ? Parfois, si le lecteur se trompait dans la
lecture d'un passage biblique, il était réprimandé par l'assistance, même si le
célébrant ne s'en rendait pas compte. Par ailleurs, les juifs, les hérétiques,
les païens auraient été très contents de surprendre les chrétiens en délit de
falsification. Or nulle part, on ne trouve trace d'une protestation ou d'une
accusation de leur part.
De plus, il est essentiel de préciser que les Evangélistes ne se trompent pas
dans leurs récits de la vie de Jésus. D'une part, parce qu'ils sont des témoins
occulaires (St Matthieu, St Jean) ou des disciples d'apôtres (St Marc, St Luc),
et d'autre part, parce qu'ils rapportent des faits sensibles, matériels, que l'on
peut facilement constater. D'ailleurs comment auraient-ils pu nous tromper en
inventant une telle vie de Jésus, alors qu'ils la racontaient à des gens qui
avaient connu Jésus ? Ceux qui les écoutaient auraient pu leur dire "Mais
qu'inventez vous ? Vous dites que Jésus est réssucité ! Vous rêvez ! Allez voir
son tombeau !" Parce qu'ils racontaient des faits réels et à des gens qui
connaissaient ces faits, les évangelistes ne craignaient pas d'en appeler au
témoignage de leurs auditeurs.
NB : Cette partie sur l'authenticité des Evangiles mériterait certainement
d'être plus longuement développée. Le lecteur pourra facilement trouver un
complément à cette courte argumentation dans les chapitres 9, 10, 34 et 35 du
livre du R.P. Vinson.
Tout en racontant la naissance, les prédictions et la mort de Jésus, les
Evangiles nous font connaître ce que Jésus pensait et disait de lui-même. Il
affirme maintes fois être envoyé de Dieu : "C'est le Père qui m'a envoyé... Je
suis sorti et je viens de Dieu" (Jean, V,VI). Il affirme aussi qu'il est le
Messie promis et attendu. Par exemple, lorsque les disciples de Jean-Baptiste
lui demandent ."Etes-vous celui qui doit venir (= le Messie) ou devons-nous en
attendre un autre ?", il répond :"Dites à Jean, les aveugles voient, les
paralytiques marchent...", leur montrant qu'il accomplit ainsi ce qu'Isaïe avait
prophétisé au sujet des miracles messianiques. Par ailleurs, il s'applique le
nom de "Fils de Dieu" qui est, d'après les prophètes, un titre du Messie.
Jésus affirme dans de multiples passages de l'Evangile qu'il est Dieu. Parfois,
il ne le dit pas expressément. Par exemple, quand il affirme qu'il est plus
grand que Moïse, Elie et que les anges eux-mêmes... En se déclarant fils de
Dieu, il affirme : "Je vais à mon Père (dont je suis le fils par nature) et à
votre Père (dont vous êtes les fils au sens large)." Il ajoute encore :"Mon
Père et moi, nous sommes un."
En de nombreux autres passages, Jésus affirme qu'il est l'égal du Père, qu'il ne
fait qu'un avec le Père. En voici quelques exemples : "Nul ne connaît le Fils si
ce n'est le Père. Nul ne connait le Père si ce n'est le Fils." "Mon Père agit
sans cesse et moi avec Lui." "Mon Père et moi nous sommes un." "Mon Père est en
moi, et moi dans le Pere."
"Si les paroles de Jésus-Christ ne contiennent pas une affirmation claire, formelle, constante de sa divinité, il faut renoncer à vouloir trouver une idée quelconque sous des mots." (Mgr Freppel). Il est bien évident, pour quiconque est de bonne foi, que Jésus a bien affirmé qu'il est Fils de Dieu, et Dieu lui-même.
Jésus a affirmé clairement qu'il était Dieu. Des juifs, des païens l'ont cru,
l'ont prêché. Et depuis deux mille ans, des millions d'hommes l'ont cru, au point
de sacrifier leur vie plutôt que de renier leur croyance (deux exemples
contemporains sont les soulevements des vendéens durant la Révolution francaise
et des cristeros (paysans mexicains) dans les années 1920 contre le pouvoir
bolchévique en place).
Jésus aurait-il pu se tromper ou pire aurait-il voulu volontairement nous
tromper ?
Certains affirment qu'il était fou. Un fou, alors que même ceux qui rejetaient
sa divinité comme Renan, sont contraints de reconnaître qu'en Jésus
"s'est condensé tout ce qu'il y a de bon et d'élevé dans notre nature... et que
tous les siècles proclameront qu'entre les fils des hommes il n'en est pas de
plus grand que Lui." Un fou! Et fous seraient aussi les apôtres, les disciples,
et tous ceux qui ont eu foi en sa parole! Si Jésus a affirmé qu'il était Dieu,
c'est qu'il savait qu'il l'était. Et s il ne l'était pas, comment les apôtres ont
pu le croire ? Jean-Jacques Rousseau, peu enclin à la religion catholique, l'a
reconnu. Parlant de l'Evangile, il écrit :" Se peut-il que celui dont il
fait l'histoire ne soit qu'un homme lui-même?... L'Evangile a des caractères de
vérité si frappants, si parfaitement inimitables que l'inventeur en serait plus
étonnant que le héros."
Or si Jésus était vraiment Dieu, non seulement il a du le dire mais il a du également agir en Dieu. En réponse au Séhandrin, le Vendredi Saint, il disait :"Si vous ne croyez pas à cause de mes paroles, croyez à cause des oeuvres que j'ai faites.", c'est à dire :"Si vous n'acceptez pas mon témoignage, croyez à cause des miracles que j'ai faits".
Au sens strict, le miracle est un fait sensible, en dehors du cours ordinaire des choses, qui ne peut être produit que par Dieu seul.
Il y a diverses espèces de miracles :
Il y a divers degrés dans les miracles : certains miracles
(résurrection d'un mort) sont plus importants que d'autres (guérison d'un
malade). Il y a des choses que l'homme ne peut pas faire mais que le démon peut
faire (par exemple qu'un homme parle une langue qu'il n'a pas apprise). Dans ce
cas, il faudra bien étudier le cas pour savoir s'il est produit par le démon (ce
sera un prodige) ou s'il est produit par Dieu (ce sera un miracle). Mais il est
certain qu'il existe des faits qui ne peuvent être exécutés que par Dieu. Seul
Dieu peut ressuciter un mort car seul Dieu est maître de la vie. Ces miracles
(résurrection des corps) s'appelle "miracles de premier ordre".
Il est cependant bon de préciser pourquoi bien des gens ne croient pas au miracle en se posant les trois questions suivantes :
Le Concile Vatican I a défini que les miracles constituent une des preuves de
l'origine divine de la Religion chrétienne, origine qui ne se trouve donc pas dans
quelque inspiration ou expérience personnelle, comme voudrait le faire croire
l'hérésie moderniste, condamnée par Saint Pie X.
Les miracles sont une preuve éclatante de la divinité de Jésus-Christ. Les
Evangiles relatent 41 miracles opérés par Jésus. (Les Noces de Cana, guérison
des lépreux, résurrection de Lazare,..., sans parler de sa propre résurrection.)
Certains soutiennent que les miracles auraient été inventés par les Evangélistes
ou qu'ils auraient pu se tromper. Or c'est impossible car ils multiplient les
détails de lieux, de noms de personnes,... et faisant cela devant des gens qui
ont été les témoins, ils s'exposaient à un dur démenti s'ils ne disaient pas la
vérité. Or un tel démenti n'existe nulle part même de la part des ennemis du
Christ. Les miracles étant des faits sensibles, on les imagine difficilement se
tromper lorsqu'ils parlent de la multiplication des pains, de la pêche
miraculeuse ou de la résurrection de Lazare.
Une objection classique est la suivante : "Certes, Jésus a vraiment fait des
miracles, mais qu'est ce que cela prouve ? Il y a bien des saints qui en ont
fait." Oui, des saints ont fait des miracles (St Jean Bosco par exemple) mais ils
les ont fait au nom de Dieu; et Dieu les a réalisés parce que ces saints étaient
ses fidèles serviteurs.
Aux miracles réalisés par Jésus, il faut ajouter ceux opérés par Dieu le Père en
faveur de son Fils (lors du baptême, de la Transfiguration,...). Il faut aussi
se rappeler que les prophètes avaient annoncé à l'avance les miracles
qu'opérerait le Messie. Et enfin, il ne faut pas oublier le grand miracle de la
Résurrection de Jésus.
Les prophéties sont la plus grande des preuves de la divinité de Jésus-Christ,
car ce miracle, d'ordre intellectuel, se poursuit à travers les siècles. D'une
part, en effet, Jésus-Christ a été prophétisé - et il a réalisé les prophéties
faites à son sujet. Et d'autre part, Jésus-Christ a prophétisé - et ses
prophéties se sont réalisées et se réalisent encore.
On appelle prophète tout homme, qui parlant au nom de Dieu, annonce à l'avance, avec certitude, un évènement futur, contingent et libre. Pour qu'il y ait vraie prophétie, il faut donc :
Jésus-Christ a été prophétisé. Pascal disait : "Quand un seul homme
aurait fait un livre des prédictions de Jésus-Christ pour le temps et pour la
matière, et que Jésus-Christ serait venu conformément à ces prophéties, ce
serait une force infinie... Mais c'est une suite d'hommes, durant quatre mille
ans, qui constamment et sans variations, viennent, l'un en suite de l'autre,
prédire ce même évènement... Ceci est considérable." Par exemple, nous pourrons
citer les prophéties de David, Isaïe, Jérémie, Aggée,... qui font connaître à
l'avance diverses circonstances de l'enfance de Jésus. Qu'une seule personne put
accomplir toutes les prophéties messianiques de l'Ancien Testament, cela
paraissait, cela était bien difficile, ou pour mieux dire, il y fallait un
miracle. Et pourtant Jésus les a accomplies...
Jésus a lui même réalisé certaines prophéties, en révélant certains détails de sa Passion, de sa Résurrection,... et surtout en prédisant la destruction de Jérusalem.
Le miracle de la résurrection de Jésus a une importance capitale. Déjà les apôtres en ont fait leur base de leur prédication, au point de dire : "Si Jésus-Christ n'est pas ressucité, vaine est notre foi" (St Paul). Au cours des siècles, les adversaires de la foi chrétienne se sont acharnés à nier le fait de la résurrection. Les modernistes ne l'acceptent que dans un sens spirituel :"Jésus-Christ survit dans l'âme de ses disciples." Mais quand nous disons "Le Christ est ressucité", nous voulons dire que, de l'état de mort dans lequel il se trouvait le Vendredi Saint au soir, il est revenu à l'état de vie. La résurrection est le retour de la mort à la vie. Pour nier la réalité historique du fait de la résurrection de Jésus-Christ, les adversaires de la foi chrétienne ont inventé de vrais romans :
Les chrétiens croient donc que Jésus est ressucité à cause du fait que le
tombeau était vide le troisième jour. Et de ce fait, aucune explication
naturelle et historique n'a jamais été donnée. Les Evangiles nous fournissent
une explication : Jésus est ressucité. La logique ne demande-t-elle pas
d'accepter cette explication puisqu'aucune autre valable n'a été trouvée ?
Le Saint Suaire (connu également sous le nom de linceul de Turin) est en lui-même non pas une preuve mais une merveilleuse confirmation de la Résurrection. 3
Les apparitions sont une autre preuve de sa Résurrection. Si Jésus ressucité ne
s'était montré qu'une seule fois, la nuit, à une seule personne, comme un éclair,
son témoignage n'aurait aucune valeur. C'est évident. Mais Jésus s'est montré de
nombreuses fois, en plein jour, à de multiples personnes (au moins une fois à
une foule de plus de 500 personnes), conversant et mangeant avec elles. Certains
diront qu'ils ont été victimes d'hallucinations. Or l'hallucination suppose une
certaine prédisposition, dans ce cas présent, celle de revoir Jésus. Or en
lisant l'Evangile, Marie-Madeleine demande à l'homme rencontré dans le jardin :
"Où as-tu mis le corps ?"; les disciples d'Emmaus disent à l'inconnu qui les a
accostés : "Nous espérions qu'il nous délivrerait...". Donc il n'espéraient
plus. Les apôtres, au Cénacle, croient voir un fantôme et Jésus a de la peine à
les convaincre que c'est bien lui. Nous seulement, ils l'entendaient mais ils
ont également pu le toucher (Marie-Madeleine et surtout St Thomas :"Si je ne
mets pas la main dans les plaies... je ne croirai pas!". Moins que les autres
sens, le toucher est susceptible d'avoir des hallucinations.
En réalité, ceux qui rejettent le fait historique de la Résurrection de Jésus n'ont pas d'arguments. Mais ayant décidé à priori que la résurrection d'un mort est impossible, ils en concluent que Jésus n'a pu ressuciter...
Nous nous contenterons juste de citer quelques uns de ces miracles moraux sans les développer (pour cela se référer au livre du R.P. Vinson). Parmi les miracles moraux, il faut citer :
Conclusion : Dieu existe, il faut donc avoir une religion. Jésus-Christ est vraiment Dieu. La vraie religion est donc la religion catholique, et il faut appartenir à l'Eglise qu'il a fondée. Il nous reste a savoir quelle est la vraie Eglise de Jésus-Christ.
C'est un fait que Jésus-Christ a fondé ce que nous appelons une "Eglise". Et
comme, de nos jours, plusieurs "Eglises" se prétendent chrétiennes, il faut bien
savoir quelle est la vraie Eglise chrétienne. C'est ce que nous allons étudier
dans cette partie.
Neammoins, une remarque préléminaire s'impose. Les hommes acceptent facilement
l'existence d'un être Suprême, d'un Créateur. Sans lui, comment expliquer
raisonnablement l'existence de l'Univers ? Les hommes acceptent déjà plus
difficilement la divinité de Jésus-Christ, malgré les divers arguments qui le
prouvent. C'est que la reconnaissance de la divinité de Jésus-Christ est plus
contraignante que l'acceptation de la simple existence de Dieu. Dieu est dans le
ciel, loin des hommes. Sans doute, il a imprimé certains commandements dans la
conscience humaine... Mais comment en contrôler l'obligation et les limites ?
Par contre, si Jésus-Christ est vraiment Dieu, c'est donc Dieu qui a vécu parmi
les hommes, qui leur a parlé. L'homme devra donc tenir compte de son
enseignement, de ses préceptes, qui s'imposent à lui, non plus par la seule
conscience mais par une intervention de Dieu dans l'histoire de l'humanité. La
contrainte devient plus grande. Si, non seulement Dieu est intervenu il y a
plusieurs siècles, mais qu'il a laissé en outre une société chargée de maintenir
le dépôt et d'interpréter auprès des hommes ses commandements, la contrainte
augmente encore. Et c'est ce qui explique que des chrétiens puissent dire :"Je
suis croyant... je suis même chrétien, mais obéir a l'Eglise, cela, non ! C'est
impossible." Cette attitude se comprendrait et serait légitime si Jésus-Christ
n'avait pas fondé une Eglise.
Jésus lui-même a employé le mot et dit à St Pierre : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.". Etymologiquement, le mot "Eglise" signifie "assemblée". Au sens biblique, l'Eglise est donc l'assemblée des fidèles... l'ensemble des fidèles d'une région... puis l'ensemble des fidèles du monde entier. C'est par dérivation qu'on a appelé "église" le bâtiment où se réunit l'assemblée des fidèles. On appelle donc Eglise Chrétienne, l'assemblée des fidèles, c'est à dire l'ensemble de ceux qui confessent Jésus-Christ et font profession de sa doctrine.
La première preuve nous est donnée dans les Evangiles. Jésus dit à Pierre :
"Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes
de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume
des cieux. Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel; tout ce que
tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel." Et un autre jour :
"J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas; et toi, t'étant
repenti, un jour affermis tes frères." Et encore : "Je serai avec vous
jusqu'à la consommation des siècles..."
Certes, nous pourrions interpréter ces paroles de Jésus dans un sens uniquement
spirituel. Or cette interprétation - protestante - ne tient pas compte d'un fait
: les hommes, membres de cette Eglise, ne sont pas de purs esprits. C'est avec
leur corps qu'ils doivent former l'Eglise. L'Eglise sera donc une société
visible. Et pour faire partie de cette même Eglise, Jésus impose des signes
visibles (le Baptême par exemple). Pour être fidèle à Jésus-Christ, il faut
encore obéir à des chefs visibles : "S'il n'écoute pas l'Eglise, qu'il
soit comme un païen et un publicain." Aux chefs visibles que lui-même a désigné,
il impose certaines charges et donne certains pouvoirs : "Allez,
enseignez toutes les nations... Baptisez-les... Les péchés seront remis à qui
vous les remettrez... Faites ceci en mémoire de moi."
L'Histoire nous montre également comment, dès la Pentecôte, les apôtres utilisent
les pouvoirs que Jésus leur a donnés et organisent peu à peu l'Eglise. Ils
prêchent, baptisent, imposent les mains... Ils prennent des décisions au conseil
de Jérusalem. St Clément de Rome (fin Ier siècle) et St Ignace d'Antioche (début
IIème siècle) montrent dans l'Eglise chrétienne une hiérarchie gouvernant les
fidèles en vue d'assurer la conservation de l'enseignement de Jésus-Christ et la
sanctification des âmes.
De plus laisser l'interpretation de l'Evangile au libre examen de chacun aurait eu pour effet de détruire la certitude et l'unité de la doctrine. Or la vérité n'est qu'une. Pour en assurer au contraire, l'immutabilité, il fallait une autorité vivante. Il fallait l'Eglise.
Quelle est la vraie Eglise ? Très tôt, des chrétiens, tout d'abord membres de
l'Eglise s'en sont séparés. Dès les premiers siècles de la chrétienté, les
hérésies ont fleuri (l'arianisme, le nestorianisme, le péligianisme,...).
Certains ont adopté une doctrine différente sur plusieurs points de celle
enseignée par les Papes et les conciles. D'autres refusent de reconnaître la
primauté de gouvernement à Rome. Appelés tous les deux chrétiens et ayant fondé
des "Eglises", les premiers sont hérétiques tandis que les seconds sont
schismatiques.
On distingue trois principales Eglises chrétiennes :
On les appelle orthodoxes car elles prétendent avoir gardé la vraie doctrine de
Jésus-Christ et orientales car elles se sont surtout implantées en Orient. Ces
Eglises sont schismatiques car elles ne reconnaissent pas l'autorité du Pontife
Romain (le Pape). Les principaux responsables de cette séparation d'avec Rome
furent Photius au IXième siècle et Michel Cérullaire au XIième siècle,
principalement par ambition personnelle ou par l'influence du pouvoir impérial.
Mais dès le milieu du premier millénaire, l'Eglise chaldéenne, puis l'Eglise
arménienne, puis copte, syrienne,... s'étaient déja séparées de Rome. Elles
rejettent généralement l'infaillibilité pontificale, l'immaculée Conception, le
purgatoire,... et de nombreuses divergences sont aussi observées dans la liturgie
et la discipline ecclésiastique.
Cependant au cours des siècles, Rome a renoué le dialogue avec ces Eglises
schismatiques. Certaines sont même revenues en son giron. C'est pourquoi, à côté
des Eglises orthodoxes schismatiques orientales, il existe des patriarcats ou
évêchés catholiques de rite oriental.
Un catholique n'a pas le droit d'assister aux offices des schismatiques mais peut recevoir en cas de danger de mort les sacrements d'un prêtre orthodoxe. (Rome considère comme valides les sacrements distribués par un prêtre orthodoxe.)
On désigne par "protestantisme" l'ensemble des doctrines et des "églises" issues
de la "Réforme" hérétique du XVIième siècle.4
La caractéristique principale des Protestants est leur rejet de certains dogmes,
de certains enseignements de l'Eglise Catholique Romaine. Au XVIième siècle,
Luther, un moine, propage le premier, en Allemagne, la Réforme. Calvin puis Henri
VIII l'introduisirent ensuite en France et en Angleterre.
De nos jours, il existe trois grandes branches dans le protestantisme : le
Luthéranisme, le Calvinisme et l'Anglicanisme auxquels sont greffés une multitude
d'Eglises dissidentes : puritains, méthodistes, mormons, adventistes,
pentecôtistes, ...
Les principaux points de l'enseignement de Luther sont les suivants :
C'est l'Eglise que Jésus a fondé et qui est depuis gouvernée par les Papes de Saint Pierre à Jean-Paul II. Elle est basée sur deux piliers :
Dieu, infiniment sage et infiniment juste, pourrait-il imposer aux hommes
l'obligation grave, sous peine de damnation, d'appartenir à l'Eglise fondée par
Jésus-Christ, et ne pas lui donner en même temps les moyens de la reconnaître
parmi les autres sociétés religieuses existants sur terre ?
Jésus-Christ pouvait-il fonder son Eglise sans lui donner certaines
caractéristiques qui permettraient aux hommes, après sa mort, de savoir quelle
société, concrètement, serait la continuatrice de celle que formaient avec lui,
les Apôtres, les Disciples et les Saintes Femmes ?
La vraie Eglise de Jésus-Christ sera la société religieuse qui aura gardé
fidèlement la doctrine et le dépôt confié par Jésus-Christ aux Apôtres. C'est
essentiel. Une "Eglise" qui a perdu ou rejeté une partie des enseignements de
Jésus-Christ revendiquerait à tort le titre d'Eglise de Jésus-Christ.
Jésus-Christ, voulant que son Eglise soit une société visible (et non uniquement
spirituelle), lui a donné des caractéristiques visibles, c'est à dire des signes
que tout homme pourra aisément voir et reconnaître. Ces signes, ces marques, ces
notes sont au nombre de quatre : l'unité, la catholicité, la sainteté et
l'apostolicité. Elles ont été formulées par le Concile de Nicée-Constantinople
au IVième siècle et ne peuvent être donc taxées d'invention pour combattre le
protestantisme (par exemple).
Dans les Evangiles ou les Epîtres, Jésus a voulu "qu'il n'y ait qu'un
seul troupeau et un seul pasteur" et "que tous soient un" comme le Père
et Lui ne sont qu'un. Cette unité se manifestera dans la doctrine : "que
tous soient un pour que tous croient que vous m'avez envoyé". Unité si
essentielle que "quiconque ne croira pas sera condamné". Elle sera
établie par l'unité de gouvernement : " Un seul pasteur", "Sur
cette pierre, je bâtirai mon Eglise". Cette unité assurera à tous les mêmes
sacrements, les mêmes moyens de sanctification : "Baptisez toutes les
nations", "Un seul Dieu une seule foi, un seul baptême" (St Paul).
Le mot catholique signifie universel. Une société sera appelée catholique si elle groupe un grand nombre d'adhérents dans un grand nombre de pays. Il faut remarquer que la catholicité suppose l'unité (car il doit s'agir de la même société). En lisant les Evangiles, on est convaincu que Jésus a voulu que son Eglise soit universelle : "Enseignez toutes les nations... jusqu'aux extrémités de la terre" et encore "Vous serez mes témoins... dans le monde entier." Cette catholicité ne sera pas immédiate, mais progressive, puisqu'il compare l'Eglise au grain de sénevé qui grandit peu à peu...
L'apostolicité veut dire relation avec les apôtres. Cette relation sera en particulier une relation d'origine et une relation de gouvernement. C'est aux apôtres que Jésus a dit : "Qui vous écoute, m'écoute, qui vous méprise me méprise". C'est à Pierre qu'il a dit : "Confirme tes frères dans la foi"; et ces paroles ne sont pas valables seulement pour les apôtres, au cours de leur vie mortelle : elles sont aussi valables pour leurs successeurs, car Jésus a dit encore : "Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles"; les apôtres devaient mourir quelques années plus tard : Jésus sera donc avec leurs successeurs jusqu'à la fin du monde.
Dieu est la sainteté infinie, c'est à dire que sa volonté est fixée d'une manière nécessaire au Bien et à l'amour du Bien, lui-même étant le Bien infini. Un homme sera saint dans la mesure où il sera uni à Dieu parce qu'on appelle la grâce. Et une société sera sainte quand elle aura pour but de rendre saints ses membres, par des moyens appropriés. Cependant, il est évident qu'il n'y a pas que des saints dans l'Eglise. Dieu, ayant créé l'homme libre, respecte cette liberté. Dieu qui nous a créés sans demander notre autorisation ne peut pas nous sanctifier et nous sauver sans notre coopération. Mais, si de nombreux fidèles ne sont pas saints, ce n'est pas à cause de l'Eglise, c'est au contraire parce qu'ils utilisent peu ou mal les moyens de sanctification que leur offre l'Eglise.
Passons successivement les 4 notes à la lueur du protestantisme :
Examinons l'Eglise catholique et les 4 notes :
L'Eglise Catholique contrairement aux Eglises Protestantes possèdent les quatre notes. Une démonstration analogue pourrait être faite avec les Eglises orthodoxes.
Successivement, il a été démontré que Dieu existe réellement, que Jésus-Christ
est bien Dieu et le fondateur de la religion chrétienne et qu'au travers de
l'étude des Evangiles et de l'Histoire, la religion catholique est la seule
fondée par Jésus-Christ.
Hors de l'Eglise, point de salut !. (bien entendu, on parle ici de
l'Eglise catholique). En effet, l'appartenance est absolument nécessaire, non pas
seulement à cause d'un précepte de Dieu mais surtout à cause de la nature même de
la chose (ie la nécessité de moyen). Les Papes, les Conciles l'affirment. Tout
homme, pour être sauvé, doit appartenir à la vraie Eglise de Jésus-Christ qui est
l'Eglise catholique.
On appartient à l'âme de l'Eglise par l'état de grâce (c'est à dire n'ayant aucun
péché mortel sur la conscience. Ceci est capital. Tout se joue là-dessus. Un seul
péché mortel et c'est la damnation éternelle. Pesez bien le mot "éternel". Ouvrez
vite un bon catéchisme si vous ne savez pas ce qu'est un péché mortel qui est à
différencier du péché véniel. Par exemple, l'avortement est un péché mortel).
Par conséquent, les catholiques baptisés mais en état de péché mortel
n'appartiennent pas à l'âme de l'Eglise. Par contre, des hérétiques,
schismatiques, juifs, musulmans,..., peuvent appartenir à son âme si ils sont de
bonne foi et en état de grâce. Ceux-qui, ayant entendu parler de Jésus-Christ,
ont des doutes, ont l'obligation de s'éclairer sur les problèmes de la vraie
religion et de la vraie Eglise. S'ils ne le font pas, par négligence ou par
mauvaise foi, ils se rendent coupables de rester volontairement hors du corps de
l'Eglise.
Par conséquent, les protestants, par exemple, peuvent néammoins accéder au ciel,
mais à la condition qu'ils soient de bonne foi et qu'ils meurent en état de
grâce. Mais si ils sauvent leurs âmes, ce n'est nullement parce qu'ils
appartiennent a telle ou telle église protestante, mais parce que, sans
appartenir au corps de l'Eglise catholique (sa société visible), ils
appartiennent à son âme.
Quand Henri IV, protestant, décida de se faire catholique, il interrogea des
théologiens protestants : "Puis-je me sauver dans l'Eglise catholique ? - Oui,
répondirent-ils, mais vous vous sauverez plus facilement en restant protestant".
Puis il posa la même question à des théologiens catholiques qui lui répondirent
: "Nous vous déclarons qu'ayant connu l'Eglise véritable, vous êtes
obligé d'y entrer; vous ne pouvez vous sauver en restant protestant."
"C'est bien, conclut-il, je vais au plus sûr : je me fais catholique." Ce qui
était valable pour Henri IV, cela l'est toujours aujourd'hui car la vérité est
invariable...
Vous pouvez presque parier à coup sur qu'à chaque fois que vous vous présenterez
comme catholique, il y a aura forcément une personne en face de vous qui vous
ressortira les vieilles thèses éculées envers la religion catholique. Citons
pêle-mêle, l'inquisition, la torture, la conquête du nouveau monde, les
Croisades, l'affaire Galilée, la théorie évolutionniste, le mal dans le monde, la
remise en cause de la valeur des Evangiles, les templiers, la Saint Barthélémy,
la seconde guerre mondiale,...
Ces sujets, certes passionnants, ne sont pas développés ici. Ce n'est pas le but
de ce présent document mais soyez certains que la raison invoquée précédemment
n'est pas un artifice utilisé au seul moyen d'éviter de traiter ces
sujets.5
La lecture de ces quelques pages ne vous aura certainement pas laissé
indifférent.
Si tel était le cas contraire, il reste à espérer que la Providence
divine vous fournira un meilleur moyen pour votre conversion. N'oubliez pas ce
que disait le Saint Curé d'Ars : "L'ignorance est le mal qui envoie le
plus d'âmes en enfer." Il est effroyable de penser que nos contemporains sont
incapables de vous citer correctement les sept sacrements de l'Eglise alors
qu'ils vous répondront du tac au tac sur les dernières séries télévisuelles à la
mode. Le Curé d'Ars ajoute ses mots terribles envers ceux qui n'ont pas voulu
écouter les paroles divines, soit par fainéantise soit par leur trop grand
orgueil : Chez les damnés : "... ce qui achèvera de mettre le comble à
leurs tourments, à leur désespoir, c'est qu'ils verront tant de moyens si
faciles, non seulement pour éviter toutes ces horreurs, mais encore pour être
heureux pendant toute l'éternité; ils verront sans cesse toutes les grâces que
Dieu leur a offertes pour se sauver, ce qui sera autant de bourreaux qui les
dévoreront. Du fond des flammes, ils verront les bienheureux assis sur des trônes
de gloire, saisis d'un amour ardent et si tendre qu'ils seront dans une ivresse
continuelle; pour eux, la pensée des grâces que Dieu leur a faites, le souvenir
du mépris qu'ils en ont fait, leur feront pousser des hurlements de rage et de
désespoir si affreux que l'univers entier, si Dieu permettait qu'ils fussent
entendus, en perdrait la vie et tomberait dans le néant". Ne vous attendez pas
non plus à une conversion miraculeuse comme Saul sur le chemin de Damas.
Dieu nous a créé sans nous mais il ne nous sauvera pas sans nous. Sans
effort de notre part, nous ne nous sauverons pas. Ne pensez pas non plus que
parce que vous êtes dans le péché actuellement que les carottes sont cuites.
C'est un des artifices qu'emploient le démon pour garder les âmes dans la
désolation : "Nous faire croire que de toute manière, nous n'arriverons pas à
nous sauver." Lisez l'histoire merveilleuse du Père de Foucault, ancien officier
ayant eu une vie on ne peut plus débauchée lorsqu'il était militaire, qui se
convertit à la foi catholique et finit assassiné dans le Sahara où étant prêtre,
il évangélisait les Touaregs. Pensez au bon larron sur la croix côté de
Jésus... Mais miséricorde divine ne rime pas avec justice divine. Vous serez
jugés selon vos actes et vos oeuvres tout en sachant qu'au bout du compte
que l'on ne se moque pas impunément de Dieu.
Pour ceux qui demeureraient sceptiques à la lecture de ces quelques pages, lisez
en entier le livre du R.P. Vinson. Les arguments y sont beaucoup plus nombreux
et développés que dans ce présent document. Certains vous toucheront
sûrement...
Enfin pour ceux qui seraient convaincus que la religion catholique est la vraie
religion, le plus dur reste à faire : Vivre en véritable catholique. Ceci
nécessite une conversion permanente de chacun d'entre-nous. Pour cela,
il vous fera avant tout étudier la sainte religion et mettre en pratique dans
votre vie au quotidien ce que demandent Dieu et l'Eglise. Par exemple, l'Eglise
exige que tous les dimanches, nous allions à la messe. Lisez ou relisez vos
catéchismes et ensuite approfondissez la doctrine catholique. N'hésitez pas à
demander conseil autour de votre entourage... Fuyez les mauvaises occasions. Si
l'on vous montre du doigt car vous êtes catholiques, ne renoncez pas. Mieux vaut
souffrir quelques années sur terre et gagner l'éternité que de se damner au nom
du respect humain... "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce
à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive." Pour cela, il faut
demander au bon Dieu dans vos prieres les forces et les grâces nécessaires pour
accomplir sa volonté : Saint Alphonse ajoutait : "Celui qui prie se sauve
et celui qui ne prie pas se damne". "Tous les damnés sont en enfer parce qu'ils
ont cessé de prier et ils n'y seraient pas s'ils n'avaient pas cessé de prier
."Celui qui ne prie pas ne se sauve pas.
Ces quelques mots pour finir : Saint Thomas d'Aquin disait : "...Il y a trois choses nécessaires à l'homme pour son salut:
La première est la connaissance de ce qu'il doit croire,
la seconde est la connaissance de ce qu'il doit désirer,
la troisième est la connaissance de ce qu'il doit accomplir "
"Entrez par la porte étroite: Elle est large, la
porte, et spacieuse, la voie qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui
s'y engagent ! Elle est étroite, la porte, et resserrée, la voie qui mène à la
vie, et petit est le nombre de ceux qui la trouvent!"(St Matthieu VII,13-14).
Mais, il est de foi de dire que chaque homme recoit les grâces nécessaires pour
se sauver et que donc ne résident en enfer que des volontaires...
Enfin, cette conclusion hâtive et fort incomplète se terminera par un conseil
donné en dernière page du livre du R.P. Vinson. En voici, la version intégrale
:
La raison peut apporter - et apporte - à l'homme les preuves de l'existence de Dieu.
La Bible, l'Histoire, peuvent donner - et donnent - à l'homme les preuves que celui que l'Histoire appelle Jésus est bien l'envoyé de Dieu, le Messie annonce par les prophètes, le Fils de Dieu qui s'est incarné.
L'Histoire enfin démontre qu'il a fondé une société religieuse qui est l'Eglise Catholique romaine.
Alors si tout cela est vrai, il faut bien que l'homme tienne compte de cette réalité : Dieu existe... Dieu ne peut avoir créé l'homme et l'univers sans avoir eu un but, et sans avoir eu un motif pour le créer...
Pour compléter cette brêve étude,
Allez pratiquer
LES EXERCICES SPIRITUELS DE SAINT IGNACE
AYEZ LE COURAGE DE "PERDRE" 5 JOURS DE VOTRE VIE
1 - N'ECOUTEZ PAS CEUX QUI LES CRITIQUENT SANS LES AVOIR PRATIQUES EUX-MEMES !
La Sainte Vierge elle-même les a dictés au Saint, et l'Eglise n'a cesse de les
recommander depuis.
2 - N'ECOUTEZ PAS CEUX QUI DECONSEILLENT CETTE EXPERIENCE !
"Ces exercices sont le code le plus sage et le plus universel de la loi
du salut..." (Pie XI), "... Et un des moyens les plus efficaces pour la
regéneration spirituelle du monde" (Pie XII).
3 - OUI... FAITES LES EXERCICES QUI VOUS PERMETTRONT DE COMPLETER CETTE
BREVE ETUDE.
Contact : Hervé Socquet-Juglard : hervesj@mi.uib.no